Le jour où l’Asvel a affronté Tony Parker et les Spurs à l’Astroballe

Pour la première fois, un club français accueillait dans sa salle une équipe NBA…

Tim Duncan dans la salle de l'Asvel

Tim Duncan à l’échauffement à l’Astroballe

Ce jeudi 5 octobre 2006, l’Astroballe est en effervescence. Le public villeurbannais, qui ne dispose pas encore de smartphones pour immortaliser l’événement, s’apprête à voir à l’oeuvre une des meilleures équipes NBA du moment : les San Antonio Spurs.

Un privilège jusqu’alors réservé au public parisien. Lorsque les Lakers de Magic Johnson et les Bulls de Michael Jordan enflammaient Bercy et dominaient respectivement Limoges (132-101 en 1991) et le PSG Racing (89-82 en 1997), lors de l’Open McDonald’s.

Cette fois, c’est dans sa propre salle que l’Asvel a l’opportunité d’affronter des stars NBA. Pour le président du club villeurbannais, Gilles Moretton, et son directeur exécutif, Antony Thiodet, c’est l’aboutissement de près de deux ans de travail et de collaboration avec la ligue nord-américaine.

Un budget de près d’un million d’euros

L’événement, qui s’inscrit dans le cadre du «NBA Europe Live», ne se résume pas à l’organisation d’un match de gala. L’Asvel doit également prendre en charge l’accueil de la franchise texane, qui a établi son camp d’entraînement à Lyon durant cinq jours. Soit un budget de près d’un million d’euros. «On engage sur une semaine l’équivalent de 20 % de notre budget annuel», explique alors Antony Thiodet. «Mais c’est un investissement sur l’avenir», ajoute-t-il.

A l’époque, les dirigeants villeurbannais souhaitent préparer le club aux évolutions du basket et du sport spectacle : ils aspirent notamment à évoluer dans une salle plus importante que l’Astroballe (5600 places). Un projet qui ne verra jamais le jour, avant d’être relancé il y a deux ans par le nouveau propriétaire du club… Tony Parker.

Une délégation de 70 personnes

Le meneur français est pourtant loin de s’imaginer un avenir à Villeurbanne lorsqu’il débarque à Lyon avec les Spurs, le samedi 30 septembre. Une délégation de 70 personnes, dont 20 joueurs, s’installe à l’hôtel Hilton (6e), à quelques encablures du Parc de la Tête d’Or.

Les entraînements se déroulent à huis clos, derrière de grandes bâches bleues, dans une Halle Vivier-Merle (3e) placée sous haute sécurité. Seule la dernière demi-heure de chaque séance est ouverte aux médias qui affluent en nombre. Y compris la presse people, qui enquête sur la nature des liens qui unissent Tony Parker à l’actrice Eva Longoria, avec laquelle il n’est pas encore marié.

Tony Parker & Juninho

Tony Parker défie Juninho à FIFA 07

Très sollicitée durant son séjour, la star du basket français se plie à quelques opérations promotionnelles. Idem pour les deux autres membres du «Big Three», Manu Ginobili et Tim Duncan. Ce dernier inaugure un terrain de basket à Villeurbanne en compagnie de l’ambassadeur de la franchise, George Gervin.

Gregg Popovich joint quant à lui l’utile à l’agréable et fait honneur à la cuisine lyonnaise. «On appelle cela un camp d’entraînement, mais c’est un mensonge, il s’agit d’une tournée gastronomique», plaisante le coach des Spurs.

Si le match avait lieu dans deux mois, il n’y aurait probablement pas photo

Lui et son staff ne laissent cependant rien au hasard avant d’affronter la «Green Team». Plusieurs membres sont ainsi dépêchés à l’Astroballe, le dimanche 1er octobre, pour observer leur futur adversaire opposé au Mans. A l’issue du succès remporté par les Villeurbannais face au champion de France en titre (66-45), P.J. Carlesimo, l’un des cinq assistants de Popovich, se montre prudent : «Comme à chaque rencontre, nous voudrons nous imposer. Mais ça ne sera pas évident car nous n’aurons eu que cinq jours d’entraînement en commun. Si le match avait lieu dans deux mois, il n’y aurait probablement pas photo. Mais là, ce sera peut-être plus serré qu’on ne le pense», annonce-t-il.

Sa prédiction ne se vérifiera pas. Quatre jours plus tard, dans une Astroballe à guichets fermés, où la nouvelle mascotte du club, Astroking, effectue sa première apparition, San Antonio domine logiquement l’Asvel (115-90).

Privés de leurs deux meneurs de jeu, Yohann Sangaré et Aymeric Jeanneau, blessés, les Villeurbannais rivalisent l’espace d’un quart-temps (29-33, 12e) avec les futurs champions NBA. Ceux-ci évoluent pour l’occasion avec un maillot sur lequel s’affichent, sur les côtés, les couleurs du drapeau français.

Tim Duncan effectue un chantier à l’intérieur (19 points, 6 rebonds et 2 contres) et Tony Parker plane sur la rencontre (26 points et 10 passes). «Cela me tenait à coeur d’offrir un bon spectacle après avoir été contraint de déclarer forfait pour le Mondial», confie-t-il au micro, après être revenu sur le parquet pour les soixante dernières secondes, sur la demande insistante du public.

Celui-ci ne pouvait alors pas se douter que TP se produirait à nouveau à l’Astroballe, cinq ans plus tard, durant le lock-out NBA. Mais cette fois sous le maillot de l’Asvel…

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