Nicolas Forel: «J’aimerais connaître le projet de Tony Parker»

Nicolas Forel

Nicolas Forel, le président de Lyon Basket (crédit : Obuzzer)

Entretien avec le président de Lyon Basket…

Quelques heures avant le réveillon du jour de l’an, Nicolas Forel nous a reçu à la salle Mado-Bonnet pour faire le point sur la situation sportive de Lyon Basket, qui pointe au dixième rang de la Ligue féminine après avoir perdu ses six dernières rencontres.

Le président du club rhodanien s’exprime également sur l’avenir du basket féminin dans la Métropole et sur l’éventualité d’un rapprochement avec l’Asvel. Un projet qui semble actuellement en suspens.

Quel bilan tirez-vous de la première partie de saison ?

Je suis déçu par notre fin d’année. Le début de saison avait été très prometteur avec un jeu collectif vraiment intéressant. Mais depuis un mois et demi il y a une grosse baisse de régime. Le collectif ne prend plus. Nous avons donc échangé pendant cette période de fêtes et nous repartons avec une nouvelle méthode de travail. Nous serons encore plus exigeants avec les joueuses. Olivier Ribotta [le manager général] va se rapprocher de l’équipe et renforcer le staff technique. Il aura des missions précises définis par le coach.

Le coach n’est pas en danger

A quoi attribuez-vous cette mauvaise passe ?

Il y a eu une perte de confiance entre les joueuses et le coach. Nous l’avons ressenti avec l’absence de Carmen [Guzman] qui a un rôle majeur dans l’équipe. On voit bien qu’on ne peut pas s’en passer.

Le coach, Etienne Faye, est-il en danger ?

Non car ce n’est pas dans nos habitudes d’appliquer des changements radicaux au moindre problème. Il est hors de question d’en passer par là. En revanche, il y a une vraie remise en cause. Je suis intervenu en fin d’année auprès des joueuses pour leur rappeler ce qu’on attend d’elles et pour leur dire que nous serions beaucoup plus exigeants.

Regrettez-vous d’avoir fait le pari d’évoluer cette saison avec sept joueuses professionnelles ?

J’assume ce choix, même si j’admet que nous avons des carences à certains postes.

Envisagez-vous de renforcer l’effectif d’ici la fin de saison ?

Ce n’est pas inenvisageable. Nous réfléchissons à une piste. Mais si nous venions à nous renforcer, ce serait avec une joueuse d’appoint, pas une joueuse référencée.

Nous revoyons nos objectifs à la baisse

Quels sont vos objectifs pour cette deuxième partie de saison ?

Nous revoyons nos objectifs à la baisse. Nous allons tout faire pour nous maintenir et finir honorablement cette année qui, malgré tout, était encore une année de transition. La priorité reste d’assainir nos finances et de tourner définitivement une page qui a été douloureuse économiquement pour le club et qui nous a limité dans nos projets [A son arrivée à la présidence de Lyon Basket à l’été 2013, Nicolas Forel a hérité d’un passif de 800 000 €]. Nous allons donc nous contenter du maintien, de produire du jeu et de livrer un beau match contre Bourges au Palais des sports de Gerland [le 18 février].

Quelle conséquence aurait une éventuelle relégation ?

Et bien nous jouerions le titre de champion de France de Ligue 2 la saison prochaine pour remonter, sagement, gentiment. Ce ne serait pas si catastrophique que ça. Mais nous n’en sommes pas là. Je suis convaincu que nous arriverons à terminer pas très loin du milieu de tableau.

La situation actuelle a-t-elle une incidence sur vos discussions avec l’Asvel dans le cadre d’un éventuel rapprochement ?

Oui. Cela a des incidences plutôt négatives au sein du club. Je ne parle pas au niveau des joueuses, mais au niveau de l’équipe dirigeante, parce que pour le moment nous n’avons pas d’informations précises. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Nous avons la volonté de faire un grand club métropolitain. Nous avons annoncé notre projet de salle et notre volonté de développer un pôle haut niveau féminin. L’Asvel a ensuite annoncé sa grande motivation pour s’occuper du basket féminin. Très bien. J’ai présenté un projet. Maintenant, j’attends celui de l’Asvel.

Je ne m’opposerai pas à Tony Parker

Pourquoi envisagez-vous de construire une nouvelle salle dans le quartier de Gerland, afin de remplacer Mado-Bonnet, alors que l’Astroballe pourrait être mise à votre disposition lorsque l’Asvel s’installera dans son Arena ?

Mado-Bonnet est une salle fort sympathique, mais qui manque de visibilité. L’outil n’est plus adapté. Nous n’avons pas de bureaux, pas de parkings, ni de salle de réception pour accueillir nos partenaires. Vous me parlez de l’Astroballe. Mais la ville de Villeurbanne m’a annoncé qu’elle ne veut plus de club résident. Et puis on ne va peut-être pas attendre que l’Arena soit construite pour avoir un projet féminin, puisque l’Arena ne sera pas disponible avant 2020. Je suis convaincu qu’il faut une grande infrastructure, visible, bien positionnée, bien organisée, pour avoir un grand club féminin. Sinon, on va bricoler.

Un terrain d’entente est-il possible avec Tony Parker et l’Asvel ?

Je suis très favorable à un rapprochement avec l’Asvel et je ne m’opposerai pas à Tony Parker. Je suis d’ailleurs prêt à me mettre en retrait, tout en restant actionnaire. Mais je veux qu’on monte le projet ensemble. Ce n’est pas le projet d’une personne. C’est celui d’un sport et de son développement. L’arrivée de Tony Parker permettrait d’avoir une belle visibilité. Mais j’aimerais connaître son projet. La balle est dans son camp. C’est d’ailleurs ce que m’a dit Gaëtan Müller la dernière fois que je l’ai rencontré : «la balle est dans mon camp et je vais revenir vers toi très prochainement.» Depuis, j’attends.

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *