Nikola Dragovic: «Milos, Russell et moi…»

Milos Teodosic & Nikola Dragovic

Milos Teodosic et Nikola Dragovic

Avant d’affronter les Polonais de Rosa Radom, ce mardi en Champions League, l’intérieur serbe de l’Asvel évoque ses jeunes années, passées notamment au contact de deux des plus grands meneurs de jeu du moment…

C’est l’homme en forme de l’Asvel, «peut-être notre meilleur élément depuis un mois», estime d’ailleurs J.D. Jackson. Débarrassé des pépins physiques (dos et chevilles) qui ont contrarié son début de saison, Nikola Dragovic donne enfin sa pleine mesure. Le Serbe est toujours aussi redoutable à trois points. Mais il n’hésite plus à pénétrer, ni à aller au combat, se révélant précieux dans la bataille du rebond. «On voit désormais son vrai registre», apprécie le coach villeurbannais. Dragovic a dû s’adapter aux spécificités de la Pro A, «un championnat dur, physique et rapide», affirme ce poste 4 (ailier-fort) passé auparavant par la Russie, l’Italie, la Bosnie, la Bulgarie et l’Allemagne.

Quadruple champion d’Europe

De fait, à 29 ans, le natif de Podgorica (Monténégro) a une belle carrière derrière lui, même s’il n’a jamais évolué dans de grandes institutions, ni goûté à l’Euroligue. Il était pourtant considéré il y a une dizaine d’années comme un des plus grands talents serbo-monténégrin de la génération 87, celle qui fit une razzia sur les titres européens dans les catégories de jeunes. Dragovic a ainsi été sacré avec les cadets en 2003, les U18 en 2005 et les U20 en 2006 et 2007. Il compte également à son palmarès un titre de champion du monde universitaire obtenu en 2011. «J’ai pris beaucoup de plaisir durant dix ans, avec cette équipe qui n’a dû subir que deux défaites. C’étaient de belles années, beaucoup de bons matchs, de compétitions remportées et d’amitiés que j’ai conservées», témoigne celui qui fut le compagnon d’armes de Milos Teodosic, Milenko Tepic et Vladimir Stimac.

Milos, mon ami

Contrairement à ses anciens coéquipiers, Nikola Dragovic n’a jamais été appelé chez les Plavi (les Bleus, surnom de la sélection nationale serbe). «Je n’ai pas d’explication. Je préfère ne pas en parler. C’est pour différentes raisons, qui ne sont pas toutes liées au basket, affirme-t-il, énigmatique. Ce n’est pas grave. Je n’ai plus cette ambition. Je peux consacrer du temps à ma famille, à ma femme qui est enceinte à nouveau, et passer ainsi un bel été !»

La période estivale lui permettra également d’échanger avec la star du basket serbe, Milos Teodosic, avec lequel il est resté très proche. «Nous avons fait chambre commune pendant dix ans, révèle Nikola. C’est mon ami et le meilleur meneur en Europe. Il pourrait réussir en NBA. Nous en avons parlé cet été et il y songe désormais, alors qu’auparavant il estimait ne pas avoir le niveau.»

Nikola Dragovic a pour sa part fait une croix depuis longtemps sur la grande ligue nord-américaine. Il a pourtant évolué durant quatre ans de l’autre côté de l’Atlantique (2006-2010), en NCAA. Mais il n’a pas été drafté à sa sortie de la prestigieuse Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Russell m’a appris l’anglais

Là-bas, il a vu éclore le talent d’un futur grand nom du basket international, celui de Russell Westbrook, qui fut son coéquipier durant deux saisons (2006-2008). «La première année, nous étions colocataire, dans la même petite chambre. Il m’a appris l’anglais et a été très patient avec moi car je ne connaissais pas un mot en arrivant. C’est un super mec, très attaché à la famille», souligne le joueur villeurbannais, qui pose un regard admiratif sur l’actuel meneur de l’Oklahoma City Thunder. «On pouvait se douter qu’il évoluerait en NBA, mais personne ne s’attendait à ce qu’il devienne aussi bon. C’était un bon athlète à l’époque, mais il s’est beaucoup amélioré et a travaillé très dur.»

Et de livrer une anecdote révélatrice. «Un été, je suis parti rejoindre la sélection nationale. Russell dunkait alors de temps en temps mais sans plus. Quand je suis revenu trois mois plus tard, il volait au-dessus de tout le monde ! Il avait suivi un programme d’entraînement durant tout l’été pour améliorer ses sauts et son explosivité.»

Avec le candidat numéro un au titre de MVP, qui a banalisé les triple-double en NBA, Nikola Dragovic peut se targuer d’avoir participé à deux Final Four NCAA, en 2007 et en 2008 (défaites en demi-finales). Dix ans plus tard, il aspire avec l’Asvel à atteindre celui de la Champions League.

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