Pascal Tanzilli, fidèle serviteur de l’Asvel

Pascal Tanzilli

Pascal Tanzilli (crédit : Obuzzer)

Focus sur l’historique intendant du club villeurbannais…

C’est une histoire d’amour qui dure depuis bientôt quarante ans. Celle qui unit Pascal Tanzilli (53 ans) à l’Asvel, le club qui l’a fait vibrer lorsqu’il était adolescent et dont il est devenu l’une des figures emblématiques à force de dévouement.

Ce petit homme discret opère dans l’ombre, comme intendant. C’est lui qui s’occupe de la préparation et de l’entretien des équipements, qui distribue les serviettes et les bouteilles d’eau durant les temps-morts ou à la fin des quart-temps. «Je suis à la disposition des joueurs et du staff», dit-il humblement. Un rôle ingrat mais essentiel au bon fonctionnement de l’équipe professionnelle, qui demande une disponibilité de tous les instants. «Je ne compte pas les heures passées à l’Astroballe. Mais je ne me plains pas, car beaucoup de gens aimeraient être à ma place. Et puis, quand la passion est là..

Fils d’un ancien rugbyman du LOU

Une passion pour le sport en général inculquée par son père, Gérard, professeur d’éducation physique et ancien joueur et entraîneur du LOU rugby. «Mais il ne nous a jamais forcés, moi et mes deux frères, à pratiquer cette discipline», souligne Pascal, qui a opté dans un premier temps pour le football. Il y a gagné un sobriquet, «Tokoto», du nom d’un ancien international camerounais passé par l’OM, Bordeaux et le Paris SG. «On m’a appelé comme ça car j’étais fan de ce joueur», révèle-t-il.

Pascal Tanzilli n’a pas persévéré dans le football. En 1977, à l’âge de 14 ans, il a contracté le virus du basket après avoir assisté, en compagnie de son père, à un match de l’Asvel et de son légendaire meneur, Alain Gilles. Le premier d’une longue série. «L’ambiance qui régnait à la Maison des sports, c’était quelque chose !», s’exclame Pascal Tanzilli. Il a rapidement pris une licence à l’AS Buers, où il a évolué au poste de meneur ou d’ailier.

Il est resté fidèle à ce club situé dans un des quartiers de Villeurbanne jusqu’en 2000, alors qu’il officiait depuis déjà six ans au sein de la maison verte, en tant que bénévole. C’est Jean-Louis Cazemajou, alors directeur commercial de l’Asvel, qui l’a introduit et pris sous sa coupe. «Nous avons sympathisé car il venait au club en permanence, se souvient l’intéressé. Comme nous avions besoin de petites mains, j’ai parlé de Pascal à Marc Lefebvre (président de l’Asvel de 1992 à 2001) et nous l’avons engagé.»

Pascal Tanzilli a dû alors jongler avec son emploi du temps de magasinier dans une entreprise d’électronique. «Mon boulot est devenu secondaire car je vivais pour l’Asvel, reconnaît-il. Il m’est parfois arrivé de me rendre sur mon lieu de travail en n’ayant pas dormi.»

L’Asvel, c’est sa femme, sa maîtresse

Sa disponibilité et son dévouement pour le club villeurbannais ont été récompensés en 2001, lorsque Gilles Moretton l’a embauché comme intendant de l’équipe professionnelle. Avec elle, il s’est constitué un joli palmarès : trois titres de champion de France (2002, 2009, 2016), une Coupe de France (2008) et une Semaine des As (2010). Il a arpenté l’Europe entière et se souvient de «troisièmes mi-temps mémorables», dont une à Perm, au fin fond de l’Oural. Il a également côtoyé une dizaine de coachs et près de 200 joueurs, «des gens respectueux, qui ont tous été reconnaissants de mon travail.» Cela s’est matérialisé par des cadeaux ou des enveloppes bien garnies, «des petites attentions qui touchent.»

«Pascal est apprécié de tous, témoigne Jean-Louis Cazemajou. C’est dans sa nature de faire plaisir aux autres.» «Je suis fier de ce que je fais», déclare l’intéressé. C’est pourquoi il espère continuer à servir «le plus grand club français» encore quelques années, «jusqu’à la retraite.» Et tant pis si sa vie privée continue à en pâtir. «Je n’ai pas de regrets. C’est un choix. J’aurai aimé fonder une famille, mais je ne suis pas sûr qu’une femme aurait accepté que je sois aussi souvent absent», avance-t-il. «L’Asvel, c’est sa femme, sa maîtresse», estime Jean-Louis Cazemajou. «C’est toute ma vie», renchérit Pascal Tanzilli.

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4 réflexions au sujet de « Pascal Tanzilli, fidèle serviteur de l’Asvel »

  1. Bien sympa, cet article (comme tout le blog, d’ailleurs !).
    C’est vrai qu’on ne met jamais assez en lumière toutes ces personnes « de l’ombre » qui contribuent à la bonne marche d’un club.
    Et pourtant, elles méritent ces remerciements et cette reconnaissance, à l’Asvel comme dans tous les autres clubs.

  2. Bravo et Merci Stéphane pour cet article consacré à Pascal, cheville ouvrière de l’ombre au combien importante pour le confort des pros et de l’équipe. Comme le dit la pub « Il le vaux bien » !
    Amitiés sportives
    JLC

  3. Excellent ce site.
    Merci de nous faire rentrer dans les coulisses de ce club légendaire.
    Bravo à Tokoto pour tout ce qu’il fait… sans jamais avoir cherché la lumière.
    Allez l’ASVEL!!!

  4. hommage méritè pour un garçon qui a le coeur sur la main , bosseur et d une disponibilité à toute epreuve.
    Respect TOKOTO

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