Quand le père de Tony Parker affrontait l’Asvel !

Tony Parker Sr

Tony Parker Sr. a accepté pour Obuzzer de revenir sur cet épisode méconnu de sa carrière de basketteur en France…

C’est une incroyable coïncidence et un joli clin d’oeil du destin. Tony Parker Sr. a disputé ses deux premiers matchs officiels en France contre le club qui appartient aujourd’hui à son fils aîné ! C’était il y a 35 ans, les 7 et 11 septembre 1982, alors que le jeune TP n’avait pas encore fêté ses 4 mois. «C’est drôle et étonnant quand on y pense», nous a confié son paternel, lorsque nous l’avons rencontré le 14 novembre dernier, dans l’espace VIP de l’Astroballe, avant le match d’EuroCup entre l’Asvel et Trente. Confortablement installé dans un canapé, Tony Parker Sr. s’est remémoré cette double confrontation face à l’Asvel, comptant alors pour les 8es de finale de la Coupe de la Fédération.

J’ai dû faire le forcing toute une nuit pour convaincre mes dirigeants de l’engager

Cette compétition réunissait les clubs de N1 et les meilleurs de N2, comme l’AS Denain Voltaire, qui venait tout juste de recruter cet Américain originaire de Chicago totalement inconnu. «J’étais auparavant à Bruges [où TP a vu le jour], mais la fédération belge a modifié son règlement et a imposé aux clubs d’évoluer avec un seul joueur étranger au lieu de deux, raconte Tony Parker Sr. Comme les dirigeants de Bruges cherchaient plutôt un pivot, alors que j’étais un scoreur, j’étais dans l’obligation de trouver un nouveau club. J’avais plein de propositions, mais j’ai choisi Denain et la France. Comme ça.» Le basket français n’a pas eu à le regretter.

Lorsqu’il débarque dans le Nord à l’été 1982, Tony Parker Sr. doit néanmoins faire ses preuves. «Nous l’avons mis à l’essai à l’occasion de deux matchs amicaux disputés à Téteghem, contre Berck et Ostende», témoigne Jean Degros, le coach de Denain. «Tony, qui m’avait été recommandé par un ami belge, René Mol [ancien sélectionneur de la Belgique et des Pays-Bas], a séduit son monde. J’ai quand même dû faire le forcing toute une nuit pour convaincre mes dirigeants de l’engager, car ils préféraient recruter un joueur de grande taille. Mais je n’en avais pas besoin», ajoute l’ancien meneur vedette de l’équipe de France des années 60.

Alain Gilles était en fin de carrière, mais il avait toujours la pêche et prenait encore du plaisir à jouer

C’est donc avec sa nouvelle recrue que Denain reçoit l’Asvel, le 7 septembre 1982. Un événement pour le club nordiste, sacré champion de France en 1965 mais sevré de basket de haut niveau depuis 1978, suite à sa relégation en N2. «Nous avons perdu honorablement [89-98], se souvient Tony Parker Sr., qui était alors âgé de 28 ans. Je n’étais pas trop déçu parce que l’Asvel avait une très bonne équipe, qui allait d’ailleurs atteindre la finale de la Coupe des Coupes quelques mois plus tard [défaite contre Pesaro, 111-99, le 9 mars 1983 à Majorque]. Dans ses rangs évoluaient deux excellents joueurs, Larry Boston et Lloyd Batts, un copain originaire comme moi de l’Illinois, qui était mon adversaire direct. Et puis bien sûr Alain Gilles, la première vedette du basket français. Il était en fin de carrière [il avait 37 ans], mais il avait toujours la pêche et prenait encore du plaisir à jouer.»

70 points inscrits en deux matchs

Alors entraîneur-joueur, le meneur légendaire des Verts fait une courte apparition sur le parquet de Denain (aucun point inscrit), mais n’entre pas en jeu, quatre jours plus tard, lors du match retour. «Alain était probablement confiant sur l’issue de la rencontre, avance Tony Parker Sr. Car à cette époque, c’était inimaginable de voir une équipe de N2 battre une N1. Ça n’arrivait pas. En N2, les clubs avaient droit à un seul joueur étranger, alors que ceux de N1 pouvaient en aligner deux. Ça changeait forcément la donne.»

Et ça n’incite pas le public villeurbannais à se déplacer. «Il n’y avait pas beaucoup de monde à la Maison des sports », confirme Tony Parker Sr. A peine 200 personnes sont ainsi témoins de cette rencontre à sens unique, remportée par l’Asvel (115-77). Le papa de TP s’illustre en marquant la moitié des points de son équipe (39), lui qui en avait déjà inscrit 31 à l’aller. «C’était mon job de marquer beaucoup de points», dit-il sans prétention.

Ce n’est pas quelqu’un qui jouait pour sa gueule

Cet ancien arrière-ailier formé à l’Université de Loyola se rappelle avoir établi son record aux Pays-Bas, où il a évolué durant trois ans (1978-1981) et où il a rencontré Pamela Firestone, la mère de ses trois fils. «J’ai inscrit 63 points avec Flamingo’s Haarlem [le 24 janvier 1979 contre NN Donar]», lance-t-il, sans hésitation. Exact. Et personne n’a fait mieux, depuis, en Eredivisie. «C’est vrai ? Je ne le savais pas !», s’étonne celui qui a réalisé la majorité de ses cartons à une époque où la ligne à trois points n’existait pas (elle est apparue lors de la saison 1984-1985). «Mais ce n’est pas quelqu’un qui jouait pour sa gueule, insiste Jean Degros. Durant les deux saisons qu’il a passé avec nous, il a parfaitement rempli son contrat, se fondant dans le moule de l’équipe qui était très jeune.»

Avec Denain, Tony Parker Sr. a remporté la Coupe de France en 1984 aux dépens de Hyères (99-98), mais a échoué de peu pour l’accession en N1. Ce fils d’un ancien footballeur américain, qui a privilégié le basket «car il y avait moins de risque de se blesser gravement», a ensuite terminé sa carrière à Dieppe. Et il n’a plus jamais eu l’occasion d’affronter l’Asvel, où il est désormais comme chez lui !

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